1er Vol - Narque.

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1er Vol - Narque.

Message par Aya Icaria le Jeu 5 Fév - 11:55


Cap D’Hell – 999

Je tourne le dos au merveilleux cataclysme face à moi. L’explosion est finie, mais le déchaînement de magie instable provoque un déluge sans pareil dans la mer qui s’en retrouve parsemée de siphons et saturée de poussières et débris en tout genre. Je tourne le dos à ces ruines qui fondent mon passé, je ne me rappelle de rien, mais ne veux pas non plus me souvenir. Je ne m’en remettrais sûrement pas d’apprendre tout ce que j’ai perdu je pense. Peut-être était-ce mieux ainsi et qu’une vie meilleure m’attend. Peut-être que j’étais pauvre et malheureuse. Bien que ces sublimes bijoux m’amènent à croire le contraire. Il n’y a pas besoin d’un quelconque souvenir pour estimer la valeur d’un objet rien qu’à le voir. J’ai peut-être oublié mon passé, mon histoire, mais certaines valeurs humaines restent présentes dans mon esprit. Il ne me reste que ça de toute façon, c’est déjà mieux que rien.

Sans plus tergiverser, j’entame mon voyage à travers cette petite forêt côtière, je me contente de marcher, apprécier le paysage, et mémoriser le plus de chose. Ecoutant attentivement chaque son. Il n’a pas fallu très longtemps pour que la peur du désastre cède sa place au joyeux chant de la forêt. Je lève les yeux vers des sifflements mélodieux, et c’est haut dans ces branches que je vois un petit nid et ses habitants ailés virevolter en sifflant l’hymne de leur vie. Devrai-je faire pareil ou n’est-ce qu’une habitude pour ces petits volatiles ? Je continue ma marche et ne tarde pas à avoir une réponse, croisant des petits animaux au sol que je ne sais trop identifier. De longues oreilles et un pelage marron qui m’a l’air d’une douceur incomparable, il me regarde alors, prend peur et court s’enterrer d’un trou qu’il avait surement déjà creusé. Face à la faune et la flore, je m’émerveille et continue inlassablement ma route, cueillant des baies voisines de celles que certaines petites bêtes avaient mangées sous mes yeux. Je m’en nourris et découvre de nouvelles saveurs, tantôt acidulées, tantôt sucrées. J’en profite également pour me ressourcer dans quelques sources d’eaux. C’est l’esprit léger que je traverse cette forêt, sous ce ciel bleu, dégagé par le souffle de magie de tout à l’heure, et le soleil tapant et déversant de sa chaleur dans tout le pays. Les vents marins peine à traverser les bois mais offre une très agréable fraîcheur, couplée aux feuillages dansants des arbres.

Et c’est avec un certain désarroi que je découvre la « sortie » de ces bois. J’étais soulagée dans un premier temps avant de me retrouver désemparée par l’immense étendue désertique qui se paresse devant moi, déniant laisser pousser la moindre végétation et se laissant bronzer toute la journée. Au loin, j’aperçois une lueur d’espoir, quelques édifices qui me semblent tout petits d’ici mais forment surement une grande ville surplombée par une chaîne de montagne qui semble colossale, surement l’est-elle. Ma curiosité me harcèle pour voir tout ça sur place, et je ne compte pas non plus passer ma journée dans ce désert. Sans plus attendre, je déploie mes ailes incandescentes, prends mon envol, un peu de vitesse et me laisse porter en planant jusqu’à ma destination. Il m’a fallu une quarantaine de minutes pour arriver près de cette ville, j’ai savouré chaque miette de ce vol, observant le désert et y voyant quelques autres animaux aux airs bien plus austères, arborant pinces et écailles, serpentant et rampant, avec ou sans pattes, aucun ne m’inspirait vraiment et je me sentais bien en sécurité là-haut.

Je me pose à quelques minutes de la ville pour y entrer à pied et pouvoir admirer au mieux son immensité. A peine suis-je entrée que je me retrouve dans un joyeux bain de foule parlant, criant et riant. Certains établis sur des petits stands scandant haut et fort les produits qu’ils vendent, d’autres essayant de contenir leurs enfants dissidents dans la marée humain. Le tout dans un cadre très chaleureux, avec des bâtiments en grès à perte de vue. Je me faufile du mieux que je peux pour me rapprocher du centre de la ville, me laissant porter par le mouvement du peuple en effervescence. Alors que je pensais que ce serait la panique dans le pays, ils sont finalement bien plus sereins que prévu. Je me retrouve finalement au centre de la ville, face à une incroyable étendue d’eau. Incroyable c’est le mot vu la sécheresse qui habite toutes les terres arides alentours. Le plus surprenant surement est la couleur azurée de cette eau vue de loin, et qui s’en retrouve limpide comme du cristal. Je n’ai pu m’empêcher de m’approcher de cette eau pour essayer de la boire afin de me désaltérer grâce à cette pure merveille. Mais à peine quelques gorgées de bues qu’on m’interpelle au loin. Je vais voir timidement cet homme tout de métal vêtu qui m’appelait pour savoir ce qu’il voulait, et j’apprends de sa part qu’il était interdit de boire cette eau ni de s’y baigner ou autre, que pour boire il fallait payer, et pour s’y baigner il y avait des lieux aménagés. J’ai peiné à lui expliquer que j’étais sans le sou, en lui indiquant d’où je venais, pointant du doigts vers le ciel encore grisé et scintillant là où devrait s’être passé le cataclysme.

Il commence à me crier dessus que vu mon allure, je ne dois pas être si pauvre et que je n’aurais pas pu survivre à cela vu l’intensité du ravage. Je baisse alors les yeux, gênée en lui affirmant que c’était pourtant bien la vérité. Il reste dubitatif un moment et me propose finalement un endroit où séjourner en attendant de me reconstruire une vie, l’entendant dire cela, je relève la tête d’un coup, des paillettes dans les yeux et le remercie de tout cœur en acceptant de le suivre. Au fur et à mesure que l’on avance en dehors de la foule, je commence à m’inquiéter et penser à un quelconque traquenard, il m’amène devant un bâtiment que je ne saurais identifier, pour finalement m’y faire entrer et me présenter en réclamant une chambre. J’ai droit à un grand « Bienvenue dans mon auberge », c’est un endroit pour se restaurer il me semble ! Mais, comme tout, c’est sûrement payant, je lui avais pourtant signalé être sans argent.

L’aubergiste me rassure d’un grand sourire, affirmant avoir quelques tâches à me confier en échange de l’hébergement dans son établissement. Je revois alors un peu d’espoir et accepte volontiers en demandant quels genres de travaux m’attendent. Me voilà partie pour quelques semaines de vaisselle. Si j’avais su… Ma propre vaisselle en plus de celle des autres. Après un peu de temps, et commençant à me lasser malgré que je m’habite lentement au rythme de cette ville, je lui demande simplement s’il n’a pas autre chose à me faire faire en lui faisant part de mes dons. Son visage s’est alors illuminé, et le mien a suivi le mouvement quand j’ai appris mon nouvel emploi. Me voilà factrice. Cela aurait pu sembler barbant mais pas quand on sait voler ! J’ai donc passé tous les mois suivant à explorer les moindres recoins de la ville qui s’appelle apparemment « Narque », et il s’agirait d’un conglomérat. Aucune idée de ce que c’est mais l’endroit me plait, c’est l’essentiel !

Durant mes allers et venues aériennes, j’ai pu voir un étrange rapace à l’envergure phénoménale voler au-dessus de la ville et près du palais où se trouvent les gouvernants du pays. Il m’a souvent intriguée mais je n’ai pas osé l’approcher, me concentrant plutôt sur ma tâche dans laquelle je m’épanouissais pleinement. Un an avec ce train de vie m’a permis de me faire quelques économies et j’ai vite appris à me mêler dans cette foule constante de touristes et habitants et à suivre leur rythme effréné. C’était long et fastidieux, mais je dois beaucoup à cet homme qui m’a interpelé, et finalement, tout autant à ma curiosité.

Aya Icaria


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